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Green Friday

Aujourd’hui, c’est Black Friday. Cette grande messe de la consommation, venue des Etats-Unis, s’est propagée comme la peste. Grâce à de subtiles manoeuvres comme « 2 trucs pour le prix d’un » ou « -70% sur tout », on arrive à provoquer hystérie de masse et orgies d’achats compulsifs. Parce que c’est pas cher, voyez.

Et le plus mauvais élève de la classe dans cette matière, c’est sûrement l’industrie de la mode.

L’ère de la fast fashion

Avec plus de 100 milliards de pièces produites chaque année, l’industrie de la mode est gourmande en ressources, pas très regardante sur la pollution qu’elle génère, et pas franchement humaniste : pollutions chimiques issues des usines ou des pesticides utilisés dans les champs de coton, émissions de CO2 en veux-tu en voilà, usage intensif d’eau et d’énergies sources de réchauffement, conditions de travail déplorables… Ça vend du rêve.

Il est bien loin le temps des 4 ou  5 collections de vêtements par an pour coller aux saisons : à l’heure de la « fast fashion », il y a des nouveautés presque toutes les semaines. Et pour toujours rester dans la tendance, on abandonne vite nos nouveaux chouchous pour des pièces encore plus dans le vent. Bref, bienvenue dans l’ère de la mode jetable.

(Je m’excuse si le gif animé vous a filé une crise d’épilepsie. J’ai bien songé à l’enlever quand moi-même j’a commencé à avoir le lobe frontal qui palpitait, mais après je me suis dit que ça illustrait bien le vertige de cet immense gaspillage de ressources)

N’empêche, tout ça fait qu’en Europe, c’est  1,5 à 2 millions de tonnes de vêtements jetés par an, et quelque 14 millions de tonnes pour les USA.

On passe à la Slow Fashion

Acheter moins et mieux, c’est la base. Acheter des choses qui vous ressemblent vraiment, et pas parce que c’est dans le dernier magazine de mode. Privilégier la qualité à la quantité.

On soigne ses vêtements

Déjà, on commence par prendre soin de ses vêtements, pour qu’ils durent le plus longtemps possible. On les lave à 30°C plutôt, parce que c’est plus doux pour les textiles et moins gourmand en énergie. On utilise des lessives écologiques. On vire ses bouteilles d’assouplissants chimiques cracra. On nourrit sa veste en cuir préférée avec un vrai baume nourrissant pour pouvoir la refiler à sa petite soeur un jour. Bref, on fait tout pour que ça ne finisse pas craqué, bouloché, troué, déformé, et à la poubelle.

On privilégie la seconde main

Quand on en veut plus, on les donne, on les vend, on les troque.
Quand on en veut de nouveaux, on les chine. Il y en a déjà tellement de disponibles.
Friperies, plateformes de vente entre particuliers, vide-dressings… Les solutions ne manquent pas,  sur internet et ailleurs.

On les répare

Aaah, l’art ancestral du raccommodage ! L’indomptable aiguille et le mystique fil à coudre ! Ça paraît pourtant enfantin, mais un vêtement, ça se répare, dans la mesure du possible.
Certaines marques vous incitent même à le faire. Patagonia a notamment lancé le vertueux Worn Wear : ce programme vous apprend non seulement comment réparer et prolonger la vie de vos articles grâce à des tutos en ligne, mais propose aussi de récupérer les vêtements de la marque que vous ne portez plus, qui sont mis en vente sur leur site.

La mode upcyclée

L’upcycling, ou surcyclage en bon français selon notre ami commun Wikipédia, c’est « l’action de récupérer des matériaux ou des produits dont on n’a plus l’usage afin de les transformer en matériaux ou produits de qualité ou d’utilité supérieure ».
Un recyclage vers le haut, en somme. Du neuf  et beau avec du vieux et moche.

EcoAlf  fabrique des sweats, tee-shirts, sacs à dos, parkas, à partir de matériaux 100% recyclés et recyclables  : filets de pêche, les pneus, le coton post-industriel, le café, les bouteilles en plastiques.

Bilum  donne une seconde vie aux matières mises au rebut et les transforme en une large collection de sacs et d’accessoires :  bâches publicitaires géantes, airbags, tissus, toiles enduites, voiles de bateau, drapeaux, affiches publicitaires.

Il y’a aussi La Draft et Réformation, qui  récupèrent des vêtements démodés qui s’entassent dans les friperies pour en faire des pièces singulières avec des lignes repensées.

Bref, aujourd’hui, en fait, c’est Green Friday. Restez chez vous, et n’achetez rien si vous n’en avez pas besoin.

3 commentaires

  1. Marianne

    Très bon article qui est très bien écrit et le message est super! Je confirme que l’on frôle rapidement la crise d’épilepsie en regardant le gif animé mode, cela dit, c’est une belle caricature de la réalité de la mode qui ne fait que passer et changer au fil des saisons.

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  2. Hortin

    Je le garde pour le partager avec mes clients le jour J l’année prochaine. Trop bien !!

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  3. Xavier

    Excellent.

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