Green is the new black

Attention, article énervé. Vous devriez être furieux aussi, voyez-vous. Qu’on nous prenne pour des demeurés, je veux dire. Qu’on nous mente, qu’on nous spolie.

Qu’on nous vende une belle mariée avec couronne de fleurs alors qu’en fait c’est un épouvantail mal peigné qu’est même pas une fille. En d’autres termes, qu’on nous fasse avaler du pseudo naturel bio respectueux de l’environnement alors que ça n’y ressemble ni de près, ni de loin. Ça, ça s’appelle le greenwashing, messieurs dames. Et ça me révulse.

 

angry

 

Quand on regarde les jolis flacons et les belles publicités, que des équipes marketing de 147 personnes ont mis tant de soin à concevoir, on peut se planter. On est induits en erreur, notre cerveau nous trompe, il choisit de retenir les promesses fantasques, adroitement suggérées ou clairement apposées. Bercé d’espoir, il opte pour les mensonges éhontés et les messages trompeurs. Sait-on jamais, des fois que les miracles existeraient.

Et on nous greenwashe tout allègrement. Les voitures, les lessives, les produits ménagers, les fast-foods, les cosmétiques, tout est plus vert que vert une fois passé dans les rouleaux du greenwashing. Un peu de «éco» par ci, un peu de «naturel» par là, on saupoudre de «recettes authentiques», et le tour est joué.

Parfois, il y a aussi ceux dont même les intentions ne sont pas authentiques. Ils nous dépeignent des mini-mesures vaguement écologiques, nous les font passer pour des pas de géants, en prétendant qu’ils y ont pensé tout seuls, alors que la loi les y a obligés. Ça dégouline de cynisme.

Si les entreprises qui pratiquent allègrement ces méthodes avaient consacré les millions du greenwashing pour améliorer leurs procédés de fabrication et leurs pratiques commerciales (au lieu de payer leurs agences de comm’ chéries pour les rendre plus verts par le biais de stratégies alambiquées) la différence aurait pu être significative.

Maintenant qu’ils savent très bien que produire écologiquement des produits sains, ça ne coûte pas plus cher et que c’est même finalement drôlement rentable d’investir sur l’avenir, je me demande : est-ce qu’ils sont bêtes ou paresseux ?

Certaines entreprises sont vraiment engagées sur la bonne pente, cherchent les techniques de production les plus écologiques, font l’effort de rendre leurs produits sains pour l’homme et l’environnement. Il y a des labels qui s’efforcent de mettre en lumière ces enthousiastes : je pense à Ecocert, Cosmébio, Qualité France, Slow Cosmétique, Nature & Progrès.

C’est aussi en cela que les greenwashers sont terribles : ils ne se contentent pas de nous prendre pour des jambons en jetant un rideau vert sur un décor bien sombre, mais ils créent un climat qui piétine la confiance entre les clients et les marques, ils jettent le doute et décrédibilisent ainsi les motivés, qui visent un monde meilleur. Ces utopistes font peut-être sourire ceux qui pensent petit, mais ils embarquent dans leur sillage coloré ceux qui ne se satisfont plus de toutes ces histoires vides de sens.

La prochaine fois,  je vous détaillerai par le menu toutes les techniques de relaxation express que j’utilise quand j’allume la télé et que je tombe sur une de ces pubs écolomenteuses qui feraient rougir Pinocchio. 

Un commentaire

  1. Marianne

    Super article!

    Aimé par 1 personne

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