Stranger Things

Il y a 3 ans, j’ai remarqué un phénomène étrange. À la limite du paranormal : les tubes et les flacons maléfiques avaient bizarrement l’air de se démultiplier dans mes placards. Allez discrètement jeter un oeil, c’est peut-être pareil chez vous.

N’ayez pas peur. Je tiens les coupables. Ce sont eux. Ceux qui ne pensent qu’à engranger des profits stratosphériques. Ceux qui ont lentement façonné notre douce société d’hyperconsommation. Ceux qui nous inventent des besoins, et créent 7 produits au lieu d’un. Ceux qui jouent les dealers de bonheur, alors qu’en fait, notre bonheur, ces mystificateurs s’en moquent comme de l’an quarante. 

Ce n’est pas notre faute. Là où ça coince, c’est que la publicité qu’on nous matraque à longueur de temps finit par accomplir sa divine mission : le lavage de cerveau. Lessivé, aspergé et noyé par les promesses du plus magnifique, du plus magique, du plus époustouflant produit que la Terre ait jamais porté, ledit cerveau faiblit et fléchit : oui, c’est sûr, il nous faut ce truc, c’est le top, l’ultime, le Graal. Comment est-ce qu’on  a bien pu survivre sans lui jusque là ? 

Honnêtement, je n’aime pas beaucoup qu’on me prenne pour un lapin de six semaines. Excédée, j’ai petit à petit fait le ménage par le vide. C’est facile et c’est bon pour le coeur, vous pouvez essayer : voilà la méthode.

D’abord, ma salle de bains.

 

AVANT : Un pré-shampoing, trois shampoings, deux après-shampoings, un masque, de l’huile, du sérum capillaire, un spray parfumé … par personne. Sérieusement ?

  1. ça me coûte un bras.
  2. ce n’est même pas bio, ni même le plus naturel possible, c’est une foutue catastrophe capillaire et environnementale.

12 gels douche aux enivrants parfums, tous plus contre nature les uns que les autres : triple cupcake au bubblegum, biscuit meringué supplément fraise tagada à paillettes.

Non, je ne peux décidément pas être sale au point d’utiliser les 12 en même temps.

Oui, les flacons se terminent très vite, puisque la matière première là-dedans, c’est l’eau. Je ressens donc forcément le besoin impérieux d’en déverser un demi litre à chaque douche pour que ça mousse. En toute logique, comme le 2ème ingrédient de 99% de mes gels douche est un agent détergent potentiellement irritant et desséchant, je suis aussi l’heureuse propriétaire de 4 laits hydratants pour le corps, parce que ma peau tiraille à mort.  Vu que ces 4 laits classiques contiennent une foule d’agents de texture, de parfums mais peu d’actifs hydratants et nourrissants, je vais probablement en racheter un 5ème en priant pour qu’il fonctionne mieux que les précédents. 

APRÈS :  J’ai soif de bio. Je jette mon dévolu sur un ou deux produits qualitatifs, avec de vrais ingrédients actifs non issus de la pétrochimie, des formules concentrées, aux senteurs naturelles et aux bienfaits réels. J’ai non seulement une chevelure de rêve et la peau douce, mais aussi une salle de bains mieux rangée et un portefeuille plus rempli. Supplément bonus : j’entends des applaudissements. C’est ma super bonne conscience qui me bombarde de hourras.

applause-ryan

(Je suis en train de vous concocter un petit guide pour vous aider à décrypter les étiquettes de vos cosmétiques et produits d’hygiène. J’espère que vous avez le cœur bien accroché.)

Deuxième porte à droite, la buanderie.

 

AVANT : Vade retro satanas affreux assouplissant pétrochimique !

  1. c’est une plaie pour la faune et la flore aquatique. Grâce à ses composés chimiques agressifs armés jusqu’aux dents, Mon linge sent drôlement bon, mais les poissons sont drôlement morts.
  2. c’est une plaie pour mon lave-linge, qu’il encrasse à coups de corps gras en veux-tu en voilà et réduit de facto sa durée de vie.
  3. dans le meilleur des cas, c’est une plaie pour mon épiderme délicat, car il contient trop souvent des substances ultra-allergisantes et irritantes.  Dans le pire des cas, je fournis à mon organisme une sacrée dose de composants dont la réputation cancérigène n’est plus à refaire.

APRÈS : Pour garder mon linge bien souple, je me rends compte qu’il y a d’autres moyens, comme une balle de lavage par exemple. Bon, j’avoue, je suis réellement accro aux odeurs, donc de temps en temps, je m’autorise un assouplissant en version écologique avec une composition d’origine végétale (les labels Ecocert, Nature & Progrès, Ecolabel sont une bonne garantie) . Apprentis druides, vous pouvez préparer votre potion magique vous-même (moi je suis trop paresseuse). Regardez, le grand et vaste Internet regorge de recettes à base d’huiles essentielles, d’eau et de vinaigre blanc.

Suivez-moi, direction la cuisine…

 

AVANT : Alors là, ça atteint des sommets.
Un truc pour la plaque vitrocéramique.
Un truc pour l’inox.
Un truc pour le plan de travail.
Un autre truc pour désinfecter, hop hop hop des litres de Javel pour re-désinfecter desfois que l’autre n’aurait pas fait le job correctement.
Un autre truc dégraissant.
Une dernière petite bombe toxique pour la grille du four.

A se demander comment je trouve de la place pour ranger mes casseroles.

APRÈS : Il existe en fait des tas d’alternatives écologiques et saines, tant pour mon habitat que pour mon précieux organisme. Déjà, pour le nettoyage quotidien, les produits ne sont pas tout le temps nécessaires. Finalement, une éponge ou une bonne microfibre avec un peu d’eau suffisent amplement à effacer toute trace de la bataille rangée qui a eu lieu ce matin entre mon remuant chérubin et son indomptable biberon de lait, qu’il adore secouer allègrement pour des raisons que lui seul est en mesure de comprendre. Pour le reste, je privilégie les produits multi usages : 1 remède pour 10 problèmes. Je nettoie mon bac de douche, mon évier en intox, ma plaque vitro, ma hotte et mon four avec UN produit qui sent divinement bon la nature. N’allez pas me dire que ce n’est pas tentant.

Je consomme moins et mieux, j’économise de l’argent et de la place, tout en faisant un joli pied de nez aux toxiques qu’on me vend à prix d’or.

C’est là qu’est le vrai tour de magie. C’est nous, les magiciens. D’ailleurs, vous me donnez vos petits secrets pour réussir ce challenge «Less is more» ?

La prochaine fois, je vous donne deux trois techniques imparables pour ne pas décéder d’hystérie à l’idée que vous triez méticuleusement vos déchets, tentant péniblement de maîtriser vos angoisses environnemento-apocalyptiques, pendant que nos amis les lobbies industriels dansent la gigue en comptant leurs pétrodollars.

5 commentaires

  1. Vic

    On aimerait savoir quel est le produit unique utilisé derrière…

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    1. Vic je n’avais pas prévu de faire de l’auto-promo mais c’est notre Crème d’Argile H2O 😉

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  2. Xavier

    Less is more, sauf pour l’imagination, le travail. Et l’humour !

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  3. Berthault

    Je me suis régalée. Quel talent d ecrivain. Bravo toi.

    Aimé par 1 personne

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